Poulailler’s Song*

Alain Souchon, 1977

{Refrain:} Dans les poulaillers d’acajou,
Les belles basses-cours à bijoux,
On entend la conversation
D’la volaille qui fait l’opinion.
Y disent :

« On peut pas être gentils tout le temps.
On peut pas aimer tous les gens.
Y a une sélection. C’est normal.
On lit pas tous le même journal ! »

« Mais comprenez-moi : c’est une migraine,
Tous ces campeurs sous mes persiennes. »
« Mais comprenez-moi : c’est dur à voir.
Qui sont ces gens sur mon plongeoir? »

{Refrain}

« On peut pas aimer tout Paris.
N’est-ce pas y a des endroits la nuit
Où les peaux qui vous font la peau
Sont plus bronzées qu’nos p’tits poulbots? »

« Mais comprenez-moi : la djellaba,
C’est pas ce qui faut sous nos climats. »
« Mais comprenez-moi : à Rochechouart,
Y a des taxis qui ont peur du noir. »

{Refrain}

« Que font ces jeunes, assis par terre,
Habillés comme des traîne-misère.
On dirait qu’ils n’aiment pas le travail.
Ça nous prépare une belle pagaille.

Mais comprenez-moi : c’est inquiétant.
Nous vivons des temps décadents.
Mais comprenez-moi : le respect se perd
Dans les usines de mon grand-père. »

« Mais comprenez-moi…
C’est pas c’qu’il faut sous nos climats »
« Mais comprenez-moi : à Rochechouart,
Y a des taxis qui ont peur du noir. »
« Mais comprenez-moi : c’est une migraine,
Tous ces campeurs sous mes persiennes. »