L’Estaca – « Yahourt » et traduc!!!

Les « a » ne sont pas aussi ouverts qu’en français.

L’avi Sizet aim’ parlava
De bon’ mati al pourtaal
MintraZ el sol espéraavem
Yos carros véiem passar

Sizet, qué no véous l’estaaca
On’ estem tots ligats
Si no poudem desfer-zen
Maï no poudrem caminar

Refrany
Si’as-ti-rem tots, eya caoura
Qué molt de timpse no po dourar
Ségour qué tomba, tomba tomba
Ben courcada déou ser jea
Si tou l’estires for’ perqui
I yo l’estiro for’ per ya
Ségour qué tomba, tomba tomba
Iens poudrem alibErar

P’ro, Sizet, fa molt timp’chya
Laiss man’ sem van escorchan’
I Kwan la força se mèn’ va
El’ ez mez ampl’é mez gran

Ben certe sé quésta poudrida
Prosse qué Sizet costa tante
Kacops la força m’oublida
Tournèm a dir-el téou can’

Refrany

L’avi Sizet jea no diourès
Mal vin’ qué sel’am pourtar
El qui sap ca-pa Ki-nidrette
I yo a sotal pourtal

I Kwan passam els nos vailliets
Estirel col per cantar
Ol darrerre cante den Sizet
Lou darrerre quèm vanseniar

Refrany (2x)

TRADUCTION!   :    L’estaca : Le Pieu

Traduc adaptée de Marc Robine par L’Echo Raleur

Du temps où j’n’étais qu’un gosse
Grand-père me disait souvent,
Pendant qu’ l’on guettait l’aurore
En r’gardant passer les gens.

« Petit, vois-tu ce pieu là-bas
Auquel nous sommes enchaînés
Tant qu’il sera planté comme ça
On n’pourra pas avancer »

REFRAIN: Si nous tirons, tous, il tombera
Ça ne peut pas durer comme ça
Il faut qu’il tombe, tombe, tombe.
Vois-tu, comme il penche déjà.
Si je tire fort, il va bouger
Et si tu tires à mes côtés
C’est sûr qu’il tombe, tombe, tombe
Et nous gagnerons la liberté

« Petit, ça fait un bout de temps
Que j’m’y écorche les mains
Et quand ma force fout le camp
Je m’dis que ça sert à rien

J’ai beau savoir que lui s’écroule,
Mais il y nous en coute tant
Que pour anéantir le doute
Il nous faut chanter ce chant. »

REFRAIN

Puis le grand-père n’a plus rien dit
Un sale vent l’a emporté
Personne ne sait où il est parti
Et moi je suis resté

Et quand repassent les gosses le soir
Je me lève pour chanter
Cette dernière chanson d’espoir
Celle qu’il m’a enseignée

REFRAIN (2x)

(1) cette chanson est une chanson de résistance. Sous Franco, le catalan a été une langue pourchassée Par les nationalistes. Lluis Llach écrit ici son attachement pour sa langue natale, Cette chanson est aujourd’hui un véritable hymne catalan.