On est là

chanson « les déterminé·es »
Ecrite par un collectif composé des « Grandes Gagnantes 63 », aussi appelées « Les Rosies », et d’autres militant·es à traver la France, pour le 1er Mai 2020

https://vimeo.com/413614524

On est là, On est là
Aux fenêtres et aux balcons
Nous on est là
On applaudit les soignants
Mais pas le gouvernement
L’union sacrée qu’ils nous vendent
On en veut pas

On est là, On est là
Confinés z et révoltés
On oublie pas
Les hôpitaux saturés
Les Ehpad abandonnés
Les moyens pour nous soigner
On les a pas

On est là, On est là
Excédés d’être volés
On n’oublie pas
Qu’ils ont tout privatisé
Tout vendu aux financiers
Ça n’se pass’ra plus comm’ ça
Car on est là

On est là, On est là
Exploitées et méprisées
On n’oublie pas
Les milliards aux entreprises
Ça prouve quoi qu’ils en disent
Que de l’argent il y’en a
Pour ces gens-là

On est là, On est là
Confinés zet révoltés
On n’oublie pas
Tous ceux qui vont au charbon
S’entassent dans les wagons
Et bossent sans protection
On n’oublie pas

On est là On est là, On est là
indignés zet révoltés
On n’oublie pas
Les migrants, les sans abris
Tous les enfants qui s’ennuient
Les papis et les mamies
On n’oublie pas

On est là, On est là
Confinés et boul’versés
On n’oublie pas
Les enfants martyrisés
Et les femmes violentées
Les violeurs en liberté
On les jug’ra

Changement de tonalité

On est là, On est là
Concernés, déterminés
On reviendra
Pour le climat déréglé
Et la biodiversité
Les oiseaux et les forêts
On s’unira

On est là, On est là
Paysans et paysannes
On se battra
Souv’raineté alimentaire
Pour nos enfants, pour la Terre,
Virus ou pas, solidaires,
On nourrira

On est là, On est là
rassemblés déterminés
On n’oublie pas
Pour l’honneur des travailleurs
Et pour un monde meilleur
Même si Macron ne l’veut pas
Nous on est là

On est là, On est là
Confinés le 1er mai
Loin du pavé
En hommage aux ouvriers
A toutes les lutt’ passées
Déterminé.es on y croit
Demain (en ralentissant) chant’ra

Ces radins … les masques

Ces radins n’ont pas commandé les masques

Comme des Sauvages, 2020

Refrain :
Ces radins n’ont pas commandé les masques
Ces radins n’ont pas fabriqué les tests
Ces radins n’ont pas commandé les masques
Et c’est pour ça qu’on les déteste
Qu’ils rendent le pognon, qu’ils rendent l’oseille
C’est notre pognon, c’est notre oseille
Ils laissent crever nos vieux et nos vieilles
Comment peuvent-ils trouver le sommeil

Ils ont acheté des tonnes de GLI-F4 du LBD
Mis 300 000 euros dans la moquette de l’Elysée
Ils ont augmenté toutes les primes des policiers
Mais pour la santé pas de budget

Refrain

Et en confinement tous les sans dents
Préparent le soulèv’ment

Si t’es footballeur connu tu te fais dépister
Un politicien corrompu tu peux te faire soigner
T’es noir tu sors acheter du lait tu te fais matraquer
T’avais qu’à pas écrire la date au crayon de papier

Refrain

Et en confinement tous les soignants
Préparent le soulèv’ment

Comme ils avaient foiré leur coup ils nous ont confiné·es
Et maintenant pour sortir
faut montrer des petits papiers
Aux keufs qui hier frappaient
les gilets-jaunes et les pompiers
C’est un peu dur à avaler

Refrain

sur l’air du Refrain:
Mais quand on sera déconfinés
Ya des cons qu’on va confiner
Tous ces ministres et ces préfets
On va leur coller un gros procès

Mais comme on est civilisés
On va pas les guillotiner
On va plutôt les faire travailler
Comme caissière comme éboueur ou comme infirmier
Et les sans-dents, et les soignants
S’ront au gouvernement

COMPLAINTE DU VIRUS

Les Canulars, 2020
Tutti:

Voix « lead » (mediane)

Voix basse:

Voix Haute:

Serait-ce une émeute mondiale,
Qui fait trembler le Capital
Qui fait fermer les usines
Qui fait arrêter les machines ?

Refrain 1 : Sur, Non non non,
C’est l’coronavirus ! (2x)

[Serait-ce une grève ou un blocus ?]

Qui fait dépenser moins d’pétrole
Fermer les facs et les écoles ?
Qui fait baisser la pollution ?
Est-ce enfin la révolution ?

Refrain 1 (2x)

Qui passe en douce toutes les frontières
S’répand plus vite que nos idées
Les empêche de faire des affaires
Est-ce une révolte mondialisée ?

Refrain 1 (2x)

Dès qu’il est entré dans la course
L’a fait dégringoler la Bourse
Il a pas de loi, pas d’patrie
Ne croyez pas qu’c’est l’anarchie

Refrain 1 (2x)

On va me dire « oui d’accord,
Mais ça fait quand même des morts »
Mais la faim, la guerre et le froid
En tue bien plus, loin des médias

Refrain 2 : Plus, bien plus
Que l’coronavirus ! (2x)

Etat d’urgence sanitaire
Décrété par le ministère
J’me signe une autorisation
Pour pouvoir chanter au balcon !
Faut confiner, pas s’rencontrer
Par mesure de sécurité
Pourtant ils disent qu’on doit bosser
Sûr qu’là l’virus va pas m’toucher !

Refrain 3 : Tous Bosser plus…
Y’a l’coronavirus ! (2x)

[Toustes confiné·es, mais j’dois bosser]
Faut plu(s) d’interaction sociale
Mais livrer des fringues c’est vital
Je suis livreur chez Amazon
Dois-je laver tous les interphones ?
Moi je travaille sur un chantier
On dit de tout désinfecter
Faut-il que je mette du gel
Sur les parpaings et la truelle ?

Refrain 3 (2x)

Mais confinés c’est pas marrant
Dans un petit appartement
Ou avec un mari violent
Et pas de place pour les enfants !
J’suis SDF j’ai pas d’maison
Alors j’confine sous mes cartons
J’vais crever d’faim y’ a plus personne
Pour me donner encore l’aumône

Refrain 4. Sous l’abri-bus…
Le coronavirus ! (2x)

[Sans logement, c’est pire qu’avant]

Depuis 10 ans tous les soignants
Crient l’hôpital à l’agonie
A tous ces sourds de gouvernants
Pas assez d’sous, pas assez d’lits
Faut dire à tous ces actionnaires
Qui ont du fric à n’savoir qu’en faire
Qui ont donné pour la cathédrale
Qu’ils donnent autant pour l’hôpital

Refrain 5. Applaudissements en plus…
Ya l’ coronavirus! (2x)

[Applaudissement pour les soignants,]
[Applaudissement mais pas d’argent !]

Ils craignent surtout pour leur pognon
Ils ont moins peur d’ l’épidémie
Que de perdre toutes leurs actions
Nos vies pèsent moins qu’ l’économie !
Quand ils voudront nous faire payer
Au nom du fric, du capital
On fera grève illimitée
C’est la révolte qui s’ra virale !

Refrain 2 : Plus, bien plus
Que l’coronavirus ! (2x)

On Reste chez Nous

Goguette du coin d’chez nous à Chambéry,
Avril 2020, en plein confinement pour chanter avec les voisins de balcons
Sur l’air de « Je mène les loups », trad.

On reste chez nous, reste chez nous
A ne rien faire
On reste chez nous, reste chez nous
On devient fous (2x)

Je n’irai pas au bord de la rivière
Je n’irai pas, Le préfet n’le veut pas (2x)

On reste chez nous, reste chez nous
A trop en faire
On reste chez nous, reste chez nous
On devient fous
On reste chez nous, reste chez nous
On boit des bières
On reste chez nous, reste chez nous
On devient saouls

J’ai mal coché, la case du formulaire
J’ai mal coché, Et les flicS m’ont coffré (2x)

On reste chez nous, reste chez nous
Qu’est-ce qu’on va faire ?
On reste chez nous, reste chez nous
On devient fous
On reste chez nous, reste chez nous
Jusqu’à vingt heures
Puis on sort d’chez nous, sur le balcon
Pour faire du son

Dans 5 semaines, à force de réfléchir
Dans 6 semaines, à force de chansons
Dans 7 semaines, c’est la joie de sortir
Dans 8 semaines, c’est la Révolution

On s’ra plus chez nous, mais tous ensemble
Pour se détendre,
On s’ra plus chez nous, mais tous ensemble
Pour se défendre
On s’ra plus chez nous, mais dans la rue
Pour s’faire entendre
[On s’ra plus chez nous, mais dans la rue
Pour que ça change ! (2x)]

Canción sin miedo

Vivir Quintana , 2019

Un chant mexicain, écrit par Vivir Quintana, et chanté avec une chorale sur le Zocalo  (place centrale de Mexico, capitale du Mexique), ça met les poils !! La lucha sigue!!

Modestement après 1er un après-midi de transmission (merci les jeunes!) entre nous aux Morizots le 31 MAI 2020 : il y a bien sur des réglages. Ca fout déjà les poils!

Voix haute  :

Voix médiane :

Voix grave :

Toutes voix ensemble :

Que tiemble el Estado los cielos, las calles
Que teman los jueces y los judiciales,
Hoy a las mujeres nos quitan la calma
Nos sembraron miedo, nos crecieron alas

A cada minuto, de cada semana,
nos roban amigas, nos matan hermanas,
destrozan sus cuerpos, los desaparecen
No_olvides sus nombres, por favor, señor presidente

Por todas las compas marchando en Reforma
Por todas las morras peleando en Sonora
Por las comandantas luchando por Chiapas
Por todas las madres buscando en Tijuana
Cantamos sin miedo, pedimos justicia,
Gritamos por cada desaparecida
Que resuene fuerte: NOS QUEREMOS VIVAS!
Que caiga con fuerza, el feminicida

Yo todo lo incendio, yo todo lo rompo
Si un día algún fulano te apaga los ojos
Ya nada me calla, ya todo me sobra
Si tocan a una, RESPONDEMOS TODAS

Soy Claudia, soy Esther y soy Teresa
Soy Ingrid, soy Fabiola y soy Valeria
Soy la niña que subiste por la fuerza
Soy la madre que ahora llora por sus muertas
Y soy esta que te hará pagar las cuentas
Justicia !     Justicia !     Justicia !

Por todas las compas marchando en Reforma
Por todas las morras peleando en Sonora
Por las comandantas luchando por Chiapas
Por todas las madres buscando en Tijuana
Cantamos sin miedo, pedimos justicia
Gritamos por cada desaparecida
Que resuene fuerte: NOS QUEREMOS VIVAS!
Que caiga con fuerza, el feminicida (2x)

Y RETIEMBLEN SUS CENTROS LA TIERRA AL SORORO RUGIR DEL AMOR (2x)

Traduction en français:
Que l'État tremble, le ciel, les rues
que tremblent les juges et le pouvoir judiciaire
aujourd'hui, les femmes on arrête d'être calmes
ils ont semé la peur en nous, ils nous ont fait pousser des ailes.

Chaque minute de chaque semaine
ils nous volent des amies, nous tuent des sœurs
ils détruisent leurs corps, les font disparaître
N'oublie pas leurs noms, s'il te plaît, Monsieur le Président.

Pour toutes les camarades qui manifestent à Reforma (c’est une des principales avenues de Mexico capitale)
pour toutes les mères combattantes de Sonora
Pour les commandantes qui luttent au Chiapas
Pour toutes les mères qui qui cherchent à Tijuana
nous chantons sans peur, nous demandons justice
nous crions pour chaque personne disparue
que cela résonne fort "Nous nous voulons vivantes".
que le féminicide s'effondre enfin.

Je fous le feu à tout, je casse tout
si un jour un type te ferme les yeux
Rien ne m'arrête, j'ai tout ce qu'il faut
s'ils touchent une femme, nous répondrons toutes.

Je m'appelle Claudia, je m'appelle Esther et je m'appelle Teresa
Je m'appelle Ingrid, je m'appelle Fabiola et je m'appelle Valeria
Je suis la fille que vous avez forcée
Je suis la mère qui pleure maintenant ses mortes
et je suis celle qui va te faire payer pour ça.
(Justice 3x)

E Mi Sont Chi In Filanda + Son Maridada Prest

Dans la veine des chansons des mal-mariées, une chanson qui se chantait dans les filatures, lorsque des plus jeunes pensaient s’émanciper par le mariage, des plus agées leur rappelaient que la solution n’est pas là. Elles revendiquent aussi dans leurs chansons une liberté y compris sexuelle qu’elles ne s’autorisaient sans doute pas toutes, mais elles commençaient à mettre des mots et poser une certaine conscience de genre…
Voix 1 (Sol):

Voix 2 (Sol):

Voix 3 (Sol):

COMPLETA:

E mi sont chi in filanda e spetti che vegn sera
che’l mè moros èl végna che èl mè moros èl végna
e mi sont chi in filanda e spetti che vegn sera
che’l mè moros èl végna per compagnarmi a cà

E… son maridada prest per andà pù in filanda
e adess che gh’ho marì l’è lu ch’el me cumanda

Trumbalalillallé è un bel moretto
trumbalalillallé e a me mi piace
trumbalalillallé mi da i bei baci
trumbalalillallé i baci dell’amor

Per compagnarmi a casa
per compagnarmi a letto
per fare un bel sognetto
per fare un bel sognetto
per compagnarmi a casa
per compagnarmi a letto
per fare un bel sognetto e poi per fare all’amor

Watch Out

By Holly Near, 2001

Chanté par les sans noms (merci Nancy!)

Et ci-dessous, une peu commentées, voici voix séparées:
Les « alti »:

les « basses »:

les « sopranos »:

et les « tenors »

Watch out! Watch out!
There’s a rumble of war in the air
Watch out! Watch out!
There’s a rumble of war in the air
With a man like that
You never know where or when
He’s gone, he’s gone
And sent in the marine’s again

Some are small and frightened
Some well-seasoned men
Some are rightly scared to death
Some are feeling joy at seeing blood again

Casualties seldom counted are the ones the guns invade.
The one who work the land,
The one who love the land, (3x)
Where dreams of peace are made.

 

TRADUCTION
Méfiez-vous! Méfiez-vous!
Il y a un grondement de guerre dans l'air
Avec un homme comme ça, vous ne savez jamais où et quand
Il est parti, il est parti et envoyé à nouveau dans les marines 
Certains sont petits et effrayés
Certains hommes bien aguerris
Certains sont à juste titre mort de peur 
Certains ressentent de la joie de voir à nouveau le sang
Rarement sont comptabilisés comme victimes 
ceux qui sont envahies par les armes.
Celui qui travaillent la terre, celui qui aime la terre,
Là où les rêves sont faits de la paix.

Les poils !

Chanson piquée aux féministes de la chorale de Lille. Merci à elles!

Sur l’air du « lion est mort ce soir »

Intro (2x, puis en bourdon): J’aime les poils x3
Vive les poilsDans la jungle, terrible jungle
De mes poils pubiens
Je caresse toutes mes bouclettes
J’aime y glisser les mainsRefrain :
Haut –> Pubiiiiiiiiiiis
Bas –> Ho vive les poils, ho vive les poils…

Parois je coupe et ça repousse
Qu’elle est belle ma forêt
Parfois drue et parfois toute douce
Toujours je l’aimerai

Refrain

L’indomptable la redoutable
Toison que j’entretiens
Me tiens chaud me fait sentir femme
Viveuh les poils pubiens

Refrain + intro 

Mama mia, mi sun stufa

Chanson chantée dans les filatures de Lombardie, près du Lac de Come. Les femmes qui y travaillaient, comme les mondine, chantaient fort pour se faire entendre, d’une voix timbrée qui porte loin. Elles étaient une première génération de femmes qui partaient travailler loin de leur foyer, elles commençaient à développer une conscience, sinon encore de « classe », tout au moins de condition commune. Les couplets 3et4 sont en italien, et les autres en dialecte. (« stufa »= « stanca » = fatiguée)

Voix séparées, stage de Laila et Lorenzo (Janvier 2020)

Voix 1 (La):

Voix 2 (La):

Voix 3 (La):

COMPLETA:

Mama mia mi sun stufa
O de fa la filerina
el cal e el poc a la matina
el pruvin du volt al di.

Mama mia mi sun stufa
tutt al di a fa andà l’aspa
voglio andare in bergamasca in
bergamasca a lavorar.

El mestè de la filanda
l’è el mestè degli assassini
poverette quelle figlie
che son dentro a lavorar.

Siam trattate come cani,
come cani alla catena,
non è questa la maniera
o di farci lavorar.

Tutt me disen che sun nera
l’è ‘l culur della caldera
il mio amor me lo diseva
de fa no ‘stu brut mestè.

Tutt me disen che sun gialda
l’è ‘l culur della filanda
quando poi sarò in campagna
miei color ritorneran.

Le Otto Ore

Chant de révolte des mondine (les repiqueuses de riz de la plaine du Pô) revendiquant le otto ore (« les huit heures ») comme durée quotidienne de travail maximale. Devenu populaire dans la période du biennio rosso, il fut repris par Giovanna Daffini puis plus récemment par Giovanna Marini. Une version modifiée fut chantée par les ouvriers et plus généralement l’ensemble des travailleurs liés au Parti communiste italien , contre la politique de Mario Scelba (1954-55) et  durant les manifestations de 1968 à 1977.

version entre nous lors du stage de Janvier 2020 (on entend surtout la voix principale)

Voix transmises par Lorenzo et Laila:
VOIX 1:

VOIX 2:

VOIX 3:

COMPLETA:

Se otto ore vi sembran poche,
provate voi a lavorare
e troverete la differenza
di lavorar e di comandar. (2x)

E noi faremo come la Russia
chi non lavora non mangerà;
e quei vigliacchi di quei signori
andranno loro a lavorar. (2x)

Le nostre madri ce l’hanno
detto
che sulla camera c’era scritto
che sulla camera c’era scritto
che noi vogliamo la libertà (éX)