On peut être heureux sans Rolex

2022, sur l’air de « Qui peut faire de la voile sans vent », chant scout, de bivouac. Une petite création de la toute nouvelle Cagette (Chorale Auto-Gérée de Grenoble et tous les environs ?)

On peut être heureux sans Rolex
On peut se passer de Castex
Et on peut cramer le Fouquet’s
Sans verser de larmes

On peut travailler sans patron
On peut décider sans Macron
Et on peut fermer les prisons
Sans verser de larmes

On peut vivre sans les bourgeois
On peut survivre sans camera
Et on peut abattre l’Etat
Sans verser de larmes

petit enregistrement à chaud ci-dessous…

Diggers’ song

(cf. le chant des paysans qui a emprunté le même air
Possible d’utiliser les mêmes voix voir ici)

Paroles publiées en 1894 par la Camden Society.

Les « Diggers » sont une faction chrétienne fondée en 1649 par Gerrard Winstanley lors de la Première Révolution anglaise (Commonwealth of England), quasi-république née de la fin de la 2ème  guerre civile anglaise et l’exécution de Charles Ier. Les « Diggers » (qu’on peut traduire par« Bêcheux », ou « Piocheurs », mais qu’en général on laisse en anglais) étaient un groupe de dissidents religieux et politiques en Angleterre, associés au socialisme agraire.
Les disciples de Gerrard Winstanley étaient connus sous le nom de « True Levellers » en 1649, en référence à leur scission d’avec les « Levellers », et ont ensuite été connus sous le nom de « Diggers » en raison de leurs tentatives d’exploitation de terres communes.
Le groupe occupait des terres autrefois communes qui avaient été privatisées par des « enclosures » dont ils arrachaient les haies en creusant et en comblant les fossés, pour y planter des cultures. Il s’agit du plus ancien collectif de squatteurs connu à ce jour, considéré comme précurseur de l’anarchisme moderne.
Leur nom d’origine provient de leur croyance en l’égalité économique fondée sur un passage spécifique des Actes des Apôtres. Ils et elles ont tenté, en « nivelant » la terre, de réformer l’ordre social existant avec un mode de vie agraire fondé sur leurs idées de création de petites communautés rurales égalitaires. Ils faisaient partie d’un certain nombre de groupes dissidents non-conformistes qui sont apparus à cette époque.
Les révoltes des Diggers et des Levellers n’ont rien à voir avec le mouvement royaliste, dit » Jacobite« , de la fin du 17ème siècle, bien que sa chanson phare, « Ye Jacobites By Name », utilise le même air, celui d’une balade écossaise des soulèvements jacobites en Écosse (1688-1746).

Alors que la version originale s’en prenait simplement aux Jacobites du point de vue des Whigs (partisans du Kirk Party, faction presbytérienne radicale soutenue par Cromwell et le parlement anglais) de l’époque, Robert Burns l’a réécrite vers 1791 pour donner une version plus générale, humaniste et anti-guerre – mais néanmoins anti-Jacobites.

(cf P216, le « Chant des Paysans » sur le même air)


You noble diggers all,
Stand up now, Stand up now
You noble diggers all, Stand up now
You noble diggers all,
Stand up now, Stand up now
You noble diggers all, Stand up now

The wasteland to maintain,
Sing cavaliers by name
Your digging does maintain,
And persons all defame,
Stand up now, Stand up now

Your houses they pull down
Stand up now, Stand up now
Your houses they pull down, Stand up now
Your houses they pull down
To fright your men in town
But the gentry must come down
And the poor shall wear the crown
Stand up now, Diggers all

With spades and hoes and ploughs
Stand up now, Stand up now,
With spades and hoes and ploughs,
Stand up now
Your freedom to uphold
Sing cavaliers are bold
To kill you if they could
And rights from you to hold
Stand up now, Diggers all

The gentry are all round,
Stand up now, Stand up now
The gentry are all round, Stand up now,
The gentry are all round
On each side the are found
Their wisdom so profound
To cheat us of our ground
Stand up now, Diggers all

The lawyers they conjoin ,
Stand up now, Stand up now
The lawyers they conjoin, Stand up now,
To rescue they advise,
Such fury they devise,
The devil in them lies
And hath blinded both their eyes
Stand up now, Stand up now

The clergy they come in
Stand up now, Stand up now
The clergy they come in, Stand up now,
The clergy they come in, and say it is a sin
That we should now begin,
Our freedom for to win
Stand up now, Diggers all
‘Gainst lawyers and ‘gainst priests
Stand up now, Stand up now

‘Gainst lawyers and ‘gainst priests,
Stand up now
For tyrants they are both,
Even flat against their oath
To grant us they are loathe,
Free meat and drink and cloth
Stand up now, Diggers all

The club is all their law,
Stand up now, Stand up now,
The club is all their law,
To keep all men in awe
That they no vision saw,
To maintain such a law
Stand up now, Diggers all

et en bonus une chanson de Billy Bragg qui les rappelle à nos mémoires
https://youtu.be/YwQwA_kFxoE

Goguettes Antinuk et « Les Centrales » de Casthélémis

ci dessous, en format image…

Les Centrales

Casthelemis, 1982

Un train ça peut dérailler, par accident
Un tunnel peut s’effondrer, par accident
Un avion ça peut tomber, par accident
Une fusée ça peut foirer
Ça peut arriver

REFRAIN : Oui mais les centrales
C’est la technologie idéale
C’est la sécurité optimale
C’est l’infaillibilité totale
Puisqu’on te le dit… (x7)
Toute la journée
C’est ce qu’on se tue à te répéter
A la radio, à la télé, dans les journaux
Puisqu’on te le dit !

Un câble ça peut casser, par accident
Une voiture peut déraper, par accident
Un incendie se déclarer, par accident
Un tuyau ça peut crever
Ça peut arriver

REFRAIN: « Mais pas aux centrales… »


Un tunnel peut s’effondrer
Une piste peut s’écrouler
Un ingénieur mal calculer
Un pétrolier peut s’échouer
Une plate-forme polluer
Et goudronner un océan
Le Titanic a coulé
Le Tupolev est tombé
Et le Zeppelin a brûlé

REFRAIN : « Oui mais les centrales… »

[BOUM ! ! !]

Femme du soldat inconnu

Femmouzes T.
(Magyd Cherfi / Serge Faubert / Francoise Chapuis), 2013

Version originale des Femmouze T:  https://youtu.be/yBi3gBNzaQ4

voix lead:

voix mediane:

voix basse (puis lead+basse):

les 3 voix ensemble:

 

Intro: les basses:  « Ad vitam – Eternam – Ad vitam – Eternam » (2x)

Il est parti mourir
La tête dans le vent
Comme on part un sourire
Entre les dents

Les femmes ça part pas
ça meurt à petits feux
Une femme ça reste
Et ça pleure pour deux

Il fallait qu’il s’en aille
Il est pas revenu
Il a eu sa médaille
Mon amour inconnu

Des honneurs à la noix
Et quand la mort s’est tue
Il a reçu sa croix
Mais moi je n’ai rien eu

REFRAIN: Ad vitam eternam j’aurai pas ma statue
Je n’étais que La Femme Du Soldat Inconnu (2x)

Ils sont là chaque année
A son bon souvenir
Moi pendant des années
Je n’ai rien vu venir

Pourtant on meurt aussi
Même quand la vie dure
On meurt même au milieu
Des pots de confiture

Je l’ai faite ma guerre
Mais entre quatre murs
C’était une autre guerre
Avec une autre armure

REFRAIN (2x)

Je l’ai faite à verser
Des landeaux à toute heure
Y’a pas que les fusils
Qui déchirent les cœurs

REFRAIN (2x)

Une guerre à donner
La vie que de la prendre
Une guerre où la mort
Ne veut jamais se rendre

Moi aussi je l’ai faite
Et même en souriant
Et c’était pas la fête [-]
Tout le temps

Il fallait qu’il s’en aille
Il est pas revenu
Il a eu sa médaille
Mon soldat inconnu

Des honneurs à la noix
Et quand la mort m’a prise
Je n’ai eu que l’honneur
De la femme soumise

REFRAIN (2x)

 

Grenade

Chanson de Clara Luciani

Hé toi
Qu’est-ce que tu regardes?
T’as jamais vu une femme qui se bat
Suis-moi
Dans la ville blafarde
Et je te montrerai (bis)
Comme je mords, comme j’aboie

REFRAIN: Prends garde, sous mon sein la grenade
Sous mon sein là regarde
Sous mon sein la grenade
Prends garde, sous mon sein la grenade
Sous mon sein là regarde
Sous mon sein la grenade


Hé toi

Mais qu’est-ce que tu crois?
Je ne suis qu’un animal
Déguisé en madone
Hé toi
Je pourrais te faire mal
Je pourrais te blesser, oui (bis)
Dans la nuit qui frissonne

REFRAIN

Hé toi
Qu’est-ce que tu t’imagines?
Je suis aussi vorace
Aussi vivante que toi
Sais-tu
Que là sous ma poitrine
Une rage sommeille (bis)
Que tu ne soupçonnes pas?

REFRAIN
Prends garde!!!


Marche des Lesbiennes

le Bourdon (en La, changer la tonalité si besoin)

Musique : Marin Marais « Marche des matelots » opéra « Alcyone », 1706. Ecoutez ici c’est chouette!
Paroles : Raphaëlle Legrand (fondatrice et accordéoniste des Voix Rebelles), 2000. Source ici.

Écrites pour la manif de la Marche Mondiale des Femmes à Paris, le 18 juin 2000, pour rappeler l’opprobre vis à vis des lesbiennes dans l’Histoire et affirmer que « les femmes qui s’aiment » peuvent marcher au grand jour, tous les jours,  pas seulement celui de la Fierté gay et lesbienne.

Refrain :
Les femmes qui s’aiment,
Sortent de la nuit et de l’oubli,
Et par centaines,
Elles marchent aujourd’hui.

Voici les lesbiennes, Nées à Mytilène,
Elèves de Sappho, Dans les jardins de Lesbos.
Voici les sorcières, Femmes fortes et fières,
Brûlées sur les bûchers, Pour avoir voulu aimer.

Refrain

Voici les tribades, Leurs désirs s’évadent
Des normes imposées Par la loi et la société.
Travesties, garçonnes, Belles amazones,
Femmes émancipées Affirmant leur liberté.

Refrain

Les homosexuelles, Les gouines rebelles,
Inventant leur combat Contre le patriarcat.
Elles sont féministes, Contre les sexistes,
Elles luttent avec leurs sœurs.
Elles construiront leur bonheur !

Refrain en canon 2X

Le temps des cerises

Paroles Jean Baptiste Clément, 1866
Musique Antoine Renard, 1868


Bien que lui étant antérieure, cette chanson est néanmoins fortement associée à la Commune de Paris de 1871, l’auteur étant lui-même un communard ayant combattu pendant la Semaine sanglante. Son assimilation à la Commune s’explique aussi par son texte qui parle d’une « plaie ouverte », d’un « souvenir que je garde au coeur », de « cerises d’amour […] tombant […] en gouttes de sang », mots qui peuvent aussi bien évoquer une révolution manquée qu’un amour perdu. On peut aussi imaginer que les cerises représentent les impacts de balles ; balles auxquelles il est fait aussi allusion sous l’image des « belles » qu’il vaut mieux éviter. La coïncidence chronologique fait aussi que la Semaine sanglante se déroula justement durant la saison des cerises (fin mai 1871).

2 voix (Morizots 2021)


Voix Basse (Myriam – Morizots 2021)

Quand nous chanterons
le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d’oreille…
Cerises d’amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang…
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d’amour
Évitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai point sans souffrir un jour…
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des peines d’amour !

J’aimerai toujours le temps des cerises
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte !
Et Dame Fortune, en m’étant offerte
Ne pourra jamais fermer ma douleur…
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !

Ci-dessous un lien vers une ré-écriture en femmage à Nathalie Le Mel (1827-1921), ouvrière militante et féministe française. Elle naît à Brest où elle tient une librairie avec son mari, puis « monte » à Paris en 1860. Elle milite dans le syndicat des relieurs créé par Varlin en 1865. Elle organise un restaurant communautaire et, en avril 1871, crée une Union des femmes pour la défense de Paris. Pendant la Semaine Sanglante de la Commune, elle tient avec des femmes la barricade de la place Blanche. Elle est arrêtée et déportée en Nouvelle-Calédonie.
https://lesvoixrebelleschansonsfeministes.wordpress.com/2013/07/14/nathalie-le-mel/
Et pour les amateurs et amatrices de BD, il en existe une chouette sur sa vie: « Des Graines sous la Neige » raconte qui elle était, et son histoire.

Chant des Corsaires

Voix lead sur le premier couplet.
La basse entre sur le 2ème.
Et la haute sur le 3ème.
Les deux premiers vers sont toujours à l’unisson.
Sur la ligne qui suit le bis, unisson (ou les basses et les hautes ne chantent pas)

Chant traditionnel qui viendrait des Flandres au 17ème siècle, que l’on trouve dans des carnets de chants scouts. Le groupe de Volvestre des Eclaireurses de France l’a modifié et féminisé en 2016. Enfin des femmes dans les chants marins !…
(fichier son en tête de page a été enregistré par les Sim(o)nes, pris sur le site de Midi Pyrate. Merci à elles!)

Sont des femm’ de grand courage,
Cell’ qui partiront avec nous (x2)

Elles ne craindront point les coups,
Ni les naufrages, Ni l’abordage,
Du péril seront jalous’
Cell’ qui partiront avec nous. (bis)

Ce seront de hardies pilotes,
Les meufs que nous embarquerons (bis)

Fines gabières dans la baston
Je t’escamote, Toute une flotte
Bras solide et coup d’œil prompt
Les meufs que nous embarquerons. (bis)

Elles seront de fières camarades,
Celles qui navigueront à bord, (bis)

Faisant feu bâbord, tribord,
Dans la tornade, Des canonnades
Vainqueuses rentreront au port
Celles qui navigueront à bord (bis)

Et des sœurs de tous rivages (Hiii!)
Viendront bourlinguer avec nous (bis)

Des bateaux venant d’partout
Feront voyage, Dans nos sillages
Vent arrière ou vent debout
Viendront bourlinguer avec nous (bis)

Et c’est nous vaillantes et fières
Qui donn’rons l’ordre du départ (bis)

Vite en mer et sans retard.
Faisons la guerre, A notre manière
Car ce n’est pas le hasard
Qui nous command’ra le départ (bis)

las panaderas

En Castille, il existait dans les milieux ruraux des chants illustrant les différents métiers manuels pour montrer le caratère répétitif des tâches, et dont les mouvements, en raison de leur monotonie et de leur mécanique, en forment la base rythmique. Il s’agit ici d’un chant de boulangères.

Ya llegan las panaderas por las calles de San Juan,
Engañando a los chiquillos cuatro duros vale el pan.

Por las calles del Congosto leré cuatrocientos pocos van,
Unos llevaban la harina leré y otros llevaban el pan.

Ví que la ví subir que la ví bajar cortando una rosa,
Morenita es tu cara y graciosa.

Cuando paso por tu puerta leré, cojo pan y voy comiendo,
Pa que no diga tu madre leré, que comerte me mantengo.

Dime panaderita como va el trato,
La harina va subiendo y el pan barato.

Anda diciendo tu madre que de mi te libra ella,
Que te libre del soldado y que no vayas a la guerra,

Ay amor mio del alma
como no vienes a cumplir la palabra
Que nada tienes (3x)
Ay amor mio del alma como no vienes.

Anda diciendo tu madre que tu la reina mereces,
Y yo como no soy reina no quiero que me desprecies

Ay amor mio del alma
como no vienes a cumplir la palabra
Que nada tienes (3x)
Ay amor mio del alma como no vienes.

Masculin, Féminin*

Paroles et musique : Claude Michel

C’t un entraineur, disait mon père,
Dont l’équipe est toujours première.
C’t un entraineur, disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.

C’t une entraineuse, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’t une entraineuse, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.

C’est un coureur, disait mon père,
Qui laisse les autres loin derrière.
C’est un coureur disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.

C’est une coureuse, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’est une coureuse, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.

C’est un beau gars, disait mon père,
Qui fait la fierté de sa mère.
C’est un beau gars, disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.

C’est une belle garce, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’est une belle garce, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.

C’t un courtisan, disait mon père,
Proche du roi et des affaires.
C’t un courtisan, disait mon père,
Il peut etre fier, il a du bien.

C’est une courtisane, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’est une courtisane, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.

Comme il a très bon caractère,
C’t un homme facile, disait mon père.
C’t un homme facile, disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.

C’t une femme facile, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’t une femme facile, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.

Il faut dire que l’vocabulaire
Que l’on emploie au masculin,
N’a pas le meme sens de toute manière,
Quand on on le met féminin.