Mama mia, mi sun stufa

Chanson chantée dans les filatures de Lombardie, près du Lac de Come. Les femmes qui y travaillaient, comme les mondine, chantaient fort pour se faire entendre, d’une voix timbrée qui porte loin. Elles étaient une première génération de femmes qui partaient travailler loin de leur foyer, elles commençaient à développer une conscience, sinon encore de « classe », tout au moins de condition commune. Les couplets 3et4 sont en italien, et les autres en dialecte. (« stufa »= « stanca » = fatiguée)

Voix séparées, stage de Laila et Lorenzo (Janvier 2020)

Voix 1 (La):

Voix 2 (La):

Voix 3 (La):

COMPLETA:

Mama mia mi sun stufa
O de fa la filerina
el cal e el poc a la matina
el pruvin du volt al di.

Mama mia mi sun stufa
tutt al di a fa andà l’aspa
voglio andare in bergamasca in
bergamasca a lavorar.

El mestè de la filanda
l’è el mestè degli assassini
poverette quelle figlie
che son dentro a lavorar.

Siam trattate come cani,
come cani alla catena,
non è questa la maniera
o di farci lavorar.

Tutt me disen che sun nera
l’è ‘l culur della caldera
il mio amor me lo diseva
de fa no ‘stu brut mestè.

Tutt me disen che sun gialda
l’è ‘l culur della filanda
quando poi sarò in campagna
miei color ritorneran.

Le Otto Ore

Chant de révolte des mondine (les repiqueuses de riz de la plaine du Pô) revendiquant le otto ore (« les huit heures ») comme durée quotidienne de travail maximale. Devenu populaire dans la période du biennio rosso, il fut repris par Giovanna Daffini puis plus récemment par Giovanna Marini. Une version modifiée fut chantée par les ouvriers et plus généralement l’ensemble des travailleurs liés au Parti communiste italien , contre la politique de Mario Scelba (1954-55) et  durant les manifestations de 1968 à 1977.

version entre nous lors du stage de Janvier 2020 (on entend surtout la voix principale)

Voix transmises par Lorenzo et Laila:
VOIX 1:

VOIX 2:

VOIX 3:

COMPLETA:

Se otto ore vi sembran poche,
provate voi a lavorare
e troverete la differenza
di lavorar e di comandar. (2x)

E noi faremo come la Russia
chi non lavora non mangerà;
e quei vigliacchi di quei signori
andranno loro a lavorar. (2x)

Le nostre madri ce l’hanno
detto
che sulla camera c’era scritto
che sulla camera c’era scritto
che noi vogliamo la libertà (éX)

Fuoco e Mitragliatrici

Chanson datant de la Première Guerre mondiale, recueillie par Roberto Leydi à Alfonsine, dans la province de Ravenne. Elle a été composée sur l’air de la chanson napolitaine « Sona chitarra » de Libero Bovio avec une musique d’Ernesto De Curtis, datée de 1913. Elle est encore jouée en valse dans les quatre provinces (Plaisance, Gênes, Alessandria et Pavie) avec des instruments traditionnels tels que le pipeau (hautbois populaire à anche double), l’accordéon chromatique et la cornemuse.
Elle dénonce les terribles conditions dans lesquelles, pour conquérir quelques mètres de terrain, des dizaines, voire des centaines de milliers de soldats furent massacrés.
Les localités mentionnées dans les différentes versions de la chanson datent la composition entre la fin de 1915 et le début de 1916 entre le 16/12/1915 (épisode de la « Tranchée des rayons » ou « fusées », que les héroïques fantassins de la Brigade Sassari ont réussi à conquérir à la baïonnette), et le 29/3/1916 (cinquième bataille de l’Isonzo). Sur les pentes du Monte San Michele, il y avait à cette époque une tranchée italienne qui descendait jusqu’au bois de Cappuccio (ici appelé « Monte Cappuccio »), et remontait jusqu’au bois de Lancia et aux tranchées de Frasche et Razzi. La conquête de ces dernières (ici appelées « Trincea dei Raggi »), le 16 décembre 1915, a coûté à la brigade Sassari la mort de deux tiers de ses soldats.
Les chansons antimilitaristes de la Grande Guerre, comme celle-ci, se sont pour beaucoup perdues pendant le fascisme au profit de chansons célébrant le patriotisme et le sacrifice des soldats.

Par Laila et Lorenzo lors du stage de Janvier 2020 chez nous:

Voix séparées transmises par Laïla et Lorenzo (Janvier 2020)

Voix 1 (Do):

Voix 2 (Do):

Voix 3 (Do):

COMPLETA:

Non ne parliamo di questa guerra
che sarà lunga un’eternità;
per conquistare un palmo di terra
quanti fratelli son morti di già!

REFRAIN 1: Fuoco e mitragliatrici,
si sente il cannone che spara;
per conquistar la trincea:
Savoia ! – si va.

Trincea di raggi, maledizioni,
quanti fratelli son morti lassù!
Finirà dunque ‘sta flagellazione?
di questa guerra non se ne parli più.

REFRAIN 2: O monte San Michele,
bagnato di sangue italiano!
Tentato più volte, ma invano
Gorizia pigliar.

Da monte Nero a monte Cappuccio
fino all’altura di Doberdò,
un reggimento più volte distrutto:
alfine indietro nessuno tornò.

REFRAIN 1

Rue de Bellevue

Détournement de la chanson « Rue des Lilas », de Sylvain Giro (Katémé). A Lakhdar Bey, mort lors de l’expulsion de son logement à Chambéry le 3/7/2019, et aux 2 militant-es du Droit au Logement mis en procès suite à l’évacuation « musclée »du conseil municipal par des policiers accompagnés de 2 chiens

Ce soir je meurs à Bellevue
Aujourd’hui pour moi sonne le glas
Mon visage est blanc, des menottes dans le dos
Sur le trottoir tout en bas de chez moi.
Ce soir je meurs sous vos yeux
Pourtant je n’ai rien fait pour ça
Je ne suis qu’un simple habitant de la ville
Qui comme vous tous, a l’droit d’avoir un toit.

REFRAIN : Je vous le dis, je vous le dis, je vous le dis
Que maudite soit cett’ police
Maudits Cristal, la mairie, leurs complices
Je m’éteins dans une rue de Bellevue.

[la rue de Bell’vue, rue de Bell’vue, La rue de Bell’vue …]

Plus jamais mettre à la rue
Des malades, des enfants, des familles,
Jamais plus ces drames, ces expulsions qui tuent
et ces gosses dont on a brisé la vie.
Plus jamais de gens qui hurlent
« Laissez-le, son cœur va le lâcher »
Plus jamais de mort à cause des abus
de policiers pressés d’en terminer.

REFRAIN

[La police tue, police tue, La police tue, police tue…]

J’aim’rais tant dire à mes frères
Mon épouse, mes enfants, mes amis
Je trouv’rai un toit – pour reconstruire notre vie
Ou de l’argent pour pouvoir vivre ici.
Je voudrais une dernière
Chanson pour apaiser la nuit
Pour bercer mon départ jusqu’à l’autre bord
Dire aux faiseurs de mort que l’on survit.

REFRAIN

Couplet suivant deux fois en canon :
Ecoutez notre colère
Nous n’ pourrons jamais accepter ça
Nous contiiiinuerons – à être solidaires
De ceux… qui ont besoin d’un toit.

REFRAIN

Couplet supplémentaire, 2x tous ensemble :
Vous voudriez nous faire taire
Vous avez osé faire un procès
A deux des… nôtr’ lé-gitim’ment en colère
Mais la violence – est bien de votre côté.

REFRAIN : Je vous le dis, je vous le dis, je vous le dis
Que maudite soit cett’ police
Maudits Cristal, la mairie, leurs complices
La violence est bien de leur côté.
La violence est bien de leur côté. (chanté scandé fort)

Ah les réformes! (2020)

De petites videos de manif ici: http://lechoraleur.fr/actu/manifs-contre-la-reforme-des-retraites-2019_2020/

(Sur l’air de « ADEKALOM » pour rester dans le thème des injustices sociales ; et avec la rythmique pour celleux qui peuvent)

A les réformes (X3) stop ça
A les réformes (X3) stop ça macron là !!

On lutte ensemble (X3) faites gaffe
On lutte ensemble (X3) faites gaffe lobbys là !!

A nos retraites (X3) touche pas
A nos retraites (X3) touche pas macron là !!

Car nous sommes là (X3) tu risques
Car nous sommes là (X3) tu risques de partir

A les réformes (X3) stop ça
A les réformes (X3) stop ça macron là !!

Claps : (1-2) (1-2) (1-2-3) (1-2) (1-2) (1)
(1-2) (1-2) (1-2-3) (1-2) (1-2) (1)

Ici métropole
Quartier Chambéry
On est réunis
Pour te dégager (X2)

L’hôpital, l’Ecole les retraites
Et tous les services publics et privés
Tu veux casser pour privatiser
Mais tu vas essuyer une défaite (X2)

Ici métropole
Quartier ouvrier
On sort d’l’atelier
Pour manifester (X2)

Depuis Croizat et l’CNR
Vous vous acharnez contre nous
Pour casser nos luttes et nos acquis
Au prix de sang et de sueur (X2)

Mais ensemble le peuple
Unis dans la rue
Reprend tous ses droits
La révolte gronde (X2)

Malgré les gaz et LBD
On ne bougera plus de la rue
Il faudra penser avec et pour nous
Ou penser rapid’ment à dégager (X2)

Ici métropole
Stop capitalisme
Et bientôt c’est sûr
Un vrai humanisme (X2)

Lalalalalalalala lalalalalalalala…. (X150)

Touchez pas aux retraites (2020)

En vrai on a surtout chanté les 4 premières lignes du 1er refrain, mais au bout d’un mois de manif tout le monde les reprenait sans nous!  Après libre à chaque chorale de s’en inspirer!

de petites videos de manif ici 

et ici:

Refrain1 : Touchez pas aux retraites, touchez pas
Et levez vos sales pattes de là
Toute la vie on a trimé au boulot
On a le droit à notr’ part du gâteau

Touchez pas à la retraite, touchez pas
La richesse que vous nous avez volée
Il faudra bien qu’elle soit distribuée
On f’ra tout pour qu’elle soit repartagée

Couplet 1: Voilà plus d’soixante dix ans qu’ça dure
Qu’on nous détruit nos droits et nos victoires
Bourgeois, élus pour cett’ grande imposture
Ont toujours su se faire valoir

Mais à Chambé on résiste on perdure
Les travailleurs, du public du privé (rapide)
Le peuple ici a toujours la peau dure
Non jamais vous ne nous ferez plier

Refrain 2 : Touchez pas aux retraites, touchez pas
Et levez vos sales pattes de la
Ecout’, partage et solidarité
Non c’est sûr vous ne connaissez pas

Touchez pas à la retraite touchez pas
Elle est à tous et pour tous restera
N’essayez pas de nous la retirer
Ou le peuple se révoltera

Couplet 2 : Depuis l’CNR et l’plateau des Glières
Tout s’est vendu tout s’est acheté
Services publics ou compétences ouvrières
Se sont fait vendre sur d’autres marchés

Pourtant nos âmes, nos joies et nos peines
Ici on les a jamais monnayées
Et vos lois remplies de mépris et de haine
On les tordra comme on l’a toujours fait !

Refrain 3 : Touchez pas aux retraites touchez pas
Souciez-vous plutôt de not’ santé
Car vos retraites, c’est nous qui les payerons
Répartition, PAS capitalisation

Touchez pas à la retraite touchez pas
Fruits de nos luttes et de tous nos combats
Et vous essayez de nous la dézinguer ?
Tous unis, nous faisons la révolution

(Reprendre les refrains en boucle si énergie dans la manif)

Clémence en vacances (et en manif!)

Anne Sylvestre, 1978

On l’a dit à la grand-mère
Qui l’a dit à son voisin
Le voisin à la bouchère
La bouchère à son gamin
Son gamin qui tête folle
N’a rien eu de plus urgent
Que de le dire à l’école
A son voisin Pierre-Jean

REFRAIN: Clémence Clémence
A pris des vacances
Clémence ne fait plus rien
Clémence Clémence
Est comme en enfance
Clémence va bien

Ça sembla d’abord étrange
On s’interrogea un peu
Sur ce qui parfois dérange
La raison de certains vieux
Si quelque mauvaise chute
Avait pu l’handicaper
Ou encore une dispute
Avec ce brave Honoré

Clémence Clémence…

Puis on apprit par son gendre
Qu’il ne s’était rien passé
Mais simplement qu’à l’entendre
Elle en avait fait assez
Bien qu’ayant toutes ses jambes
Elle reste en son fauteuil
Un peu de malice flambe
Parfois au bord de son œil

Clémence Clémence…

Honoré c’est bien dommage
Doit tout faire à la maison
La cuisine et le ménage
Le linge et les commissions
Quand il essaie de lui dire
De coudre un bouton perdu
Elle répond dans un sourire
Va j’ai bien assez cousu

Clémence Clémence…

C’est la maîtresse d’école
Qui l’a dit au pharmacien
Clémence est devenue folle
Paraît qu’elle ne fait plus rien
Mais selon l’apothicaire
Dans l’histoire le plus fort
N’est pas qu’elle ne veuille rien faire
Mais n’en ait aucun remord

Clémence Clémence…

Je suis de bon voisinage
On me salue couramment
Loin de moi l’idée peu sage
D’inquiéter les braves gens
Mais les grand-mères commencent
De rire et parler tout bas
La maladie de Clémence
Pourrait bien s’étendre là

Toutes les Clémence
Prendraient des vacances
Elles ne feraient plus rien
Toutes les Clémence
Comme en enfance
Elles seraient bien

Toutes les Clémence

Prendraient des vacances
Elles ne feraient plus rien
Toutes les Clémence
Comme en enfance
Se reposeraient enfin

 

le futur tube: Clémence en manif:

Clémence en manif’

REFRAIN 1:  Clémence, Clémence a fait une manif’
Clémence s’est fait gazée
Clémence Clémence a pris une matraque,
Clémence est patraque

On l’a dit à la police
Qui l’a dit à la police
Qui a dit on ne peut rien faire
On protège les confrères

Mais selon l’IGPN
Qui n’aurait rien trouvé
Ce serait la p’tite Clémence
Qui avait bien provoqué

REFRAIN 1

Ça sembla d’abord étrange
On s’interrogea un peu
Sur ce qui fait la violence
De tous ces vilains bacqueux

Si quelques mauvaise chute
Avait pu l’handicaper
Ou encore une bavure
Un bon tir de LBD

REFRAIN 1

On apprit sur BFM
Qu’elle était vraiment violente
Qu’elle faisait du lèche vitrine
A grands coups de barre à mine

Et qu’elle planquait dans son sac
Sérum phy et masque de ski
Pour un juge ça s’justifie
Le casier s’ra bien rempli

REFRAIN 2:  Clémence, Clémence a fait une manif’
Clémence s’est fait gazée
Clémence Clémence a pris une matraque,
Le flic est patraque

Je suis de bon voisinage
On me salue couramment
Loin de moi l’idée peu sage
D’inquiéter les braves gens

Mais les grand-mères commencent
De rire et parler tout bas
Les petites manifs de Clémence
Pourraient bien s’étendre là

REFRAIN 3 : Toutes les Clémence f’raient des barricades,
Ce s’rait la révolution
Toutes les Clémence en résistance,
Et on s’rait en trance..

Dans nos chants

Voix haute (lead):

Voix basse:

Sur l’air de la Mal coiffée, “Filhas que ses a maridar”. Dernier couplet d’Anne Sylvestre, “Frangine”. Écriture collective durant un atelier en non-mixité en vue du cabaret, durant les rencontres de chorales révolutionnaires à Royères (2015).

 L’une de l’autre ignorée,
On s’est r’connues, on s’est regardées,
On s’est parlé, on a chanté.
Avec l’envie d’se raconter
Notre histoire et toutes nos idées.

Mais tout ça, c’était vite plié
L’ répertoire était pas épais.
sont passées les héroïnes
De la lutte et du quotidien ?
D’elles, il ne reste presque rien.

REFRAIN : Eh Eh Ah Eh / Eh Eh Ah
Ha   –    Eh Eh Ah Eh / Eh Eh Aaah  (2x)

Dans les chants, lorsqu’on est présentes
On est souvent seules et fragiles
On se lamente dans une attente
Soit repoussante ou bien sublime
Objet sexuel ou bien victime.

Dans cet idéal libertaire
Nous somm’s bonn’s au linge à étendre
On n’veut plus être des ménagères
De la chair tendre à défendre
Des contre-révolutionnaires

REFRAIN
Comment faire une révolution
Quand dans nos imaginations
Dans tous ces rôles bien genrés
Nous nous retrouvons confinées
Et nos idéaux pollués

Quand on ne trouve dans nos chansons
Ni de guerrière ni d’héroïne
Et on vous parle même pas des gouines
Tout c’qui nous f’sait rêver gamine
Qui ferait rêver les gamines.

Et si les chants qui nous ressemblent
On les écrivait toutes ensemble ?
Des chants qui racontent nos histoires
Et disent nos rages et nos espoirs
Donnent du courage et du pouvoir.

REFRAIN

Si on se r’trouvait frangines
Ça nous ferait gagner du temps
Unissant nos voix, j’imagine
Qu’on en dirait vingt fois autant (x2)

Et qu’on ferait changer les choses
Et, je suppoe aussi, les gens
Et qu’on ferait changer les choses
Allez ! On ose, il est grand temps ! (x2)

REFRAIN

 

Touchez pas à la Plaine

Chanson écrite pour défendre la Quartier de la Plaine, son marché, ses puces, ses loyers bas prix, de spéculations immobilières dont le but est de le gentrifier, d’en éloigner les habitant·es les plus pauvres. D’autres opérations similaires ont eu des effets catastrophiques dans d’autres rues de Marseille.

Voilà bien cent cinquante ans que ça dure
Qu’on nous détruit nos rues et nos quartiers
Bourgeois, nazis, pour cette forfaiture
N’ont jamais eu à se faire prier…
Mais à la Plaine on résiste on perdure
Dans tous les bars, chez tous les maraichers
Le peuple ici a toujours la peau dure
Non jamais vous ne nous ferez plier

REFRAIN :

Touchez pas la plaine touchez pas
Et levez vos sales pattes de là
Bulldozers, architectes de mafia
Ce quartier ne vous regarde pas
Touchez pas la plaine touchez pas
Elle est à tous, et à tous restera
Si elle change ne vous en faites pas
C’est le peuple qui la transformera

Depuis les grecs sur le plan de la Plaine
Tout s’est vendu tout s’est acheté
Tous les écots et tous les bas de laine
Se sont fait tordre sur notre marché
Pourtant notre âme nos joies et nos peines
Ici on les a jamais monnayées
On a donné et vos plans pour la plaine
On les tordra comme on a toujours fait !

REFRAIN …

Les friperies les soldes et la friture
Si ça vous emmerde n’y venez pas
Les bars, la nuit, la fête et la biture
Se portent mieux quand vous n’y êtes pas !
A tous les faux-culs à tous les parjures
Restez chez vous et n’y revenez pas !
Allez donc promener votre figure
Dans un quartier qu’elle ne défigure pas !

REFRAIN …

Et votre provence de pacotille
Vos cigales et vos savons en bois
Vous pouvez bien les mettre à la bordille
Sur notre marché ça ne se vend pas
Ici on parle on crie et on babille
Tous les idiômes et tous les charabias
Car la provence ici est bonne fille
Et à la plaine comme tous elle vous dira
REFRAIN …

« Le quartier de la Plaine est un quartier emblématique des Marseillais mais encore peu connu des touristes. À mi-chemin entre le bobo et le populo, les terrasses, restaurants, librairies et petites boutiques s’y enchaînent dans des rues ornées de magnifiques fresques street art. Un énorme marché se tient sur la place principale. On y vient se fournir en fringues, ustensiles de cuisine ou parfums à prix cassés. (…)

L’Assemblée de la Plaine a débuté en 2012 suite à un mouvement de protestation contre l’installation de caméras de sécurité dans le quartier de la Plaine. Déjà, à l’époque, la volonté est non seulement de lutter contre le tout-sécuritaire mais aussi de pousser les habitants à se réunir régulièrement pour échanger sur le devenir du quartier et décider des actions à mener.

L’Assemblée a aussi décidé d’organiser son propre Carnaval au printemps (…) Proposer un événement festif aux habitants avec (…) aussi un gros moment politique où l’on échange sur l’avenir (…) Ce festival entièrement à prix libre s’est organisé sans subventions ni même autorisations, grâce à l’investissement des bénévoles et la bonne volonté des habitants. » (manifesto-21.com, 7Sept 2017)

Ai Mamma*

Paroles et musique: Uèi (Rodin Kaufmann et Denis Sampieri).

Cette chanson en occitan raconte la résistance sur la ZAD de Sivens contre le projet de barrage sur la zone humide du Tescou. Le 26 octobre 2014, Rémi Fraisse est tué par une grenade offensive lancée par un gendarme. Cet événement semble marquer la fin du barrage: projet suspendu puis abandonné fin 2015 et annulation de la déclaration d’utilité publique en juillet 2016. Pourtant en 2017, démarre une consultation qui vise à définir une solution « alternative » pour la gestion de l’eau dans la région. En début d’été 2019, le processus de décision s’accélère et un vote est annoncé sur la réalisation d’une retenue en amont du barrage initial de Sivens. Ce vote est repoussé in extremis à l’automne 2019, de peur que le passage du tour de France dans la région ne rende visible la contestation…

Enregistrement Cri du Chœur à Briançon 2019:

 

Dedins la forest I a un riu que raja (2x)

REFRAIN : Ai mamà se sabiás, Coma lo riu fasiá enveja
Ai mamà se sabiás, Coma lei gens se son recampats

Volián tot crompar La terra e leis aubres (2x)+ REFRAIN
Volián tot copar Dedins lo boscatge (2x) + REFRAIN
Volián assecar Lo Tescon sauvatge (2x) + REFRAIN

Volián far bastir La granda restanca (2x)
Volián abeurar Sei camps sus d’ectaras (2x)
Se son arrenjats An fach sei magolhas
Mamà se sabiás Coma an cercat garrolha

REFRAIN x2

Se’n son avisats De jovents sens crenta (2x)
+ REFRAIN
Se son enterrats Per empachar lo chaple (2x) + REFRAIN
Lei mes an passat An mandat l’armada (2x) + REFRAIN

Lei crids d’un costat De l’autre lei granadas (2x)
Dedins la forest I a de plors que rajan
Dedins la forest An fach tombar lo fraisse

Refrain2: Ai mamà oblidem pas
Lo nom dau paure Remi Fraisse
Ai mamà oblidem pas
Lo nom d’un jove sacrificat x2

TRADUCTION :
Dans la forêt Il y a un ruisseau qui coule
Ah maman si tu savais Comme le ruisseau faisait envie
Ah maman si tu savais Comme les gens se sont réunis
Ils voulaient tout acheter La terre et les arbres
Ils voulaient tout couper Dans le bois
Ils voulaient assécher Le Tescou sauvage
Ils voulaient construire Le Grand barrage
Ils voulaient arroser Leurs champs sur des hectares
Ils se sont arrangés Ils ont fait leur magouilles
Maman si tu savais Comme ils ont cherché les embrouilles
Des jeunes sans peur S’en sont aperçus
Ils se sont enterrés Pour empêcher le massacre
Les mois ont passé Ils ont envoyé l’armée
Les cris d’un côté De l’autre les grenades
Dans la forêt Il y a des pleurs qui coulent
Dans la forêt ils ont fait tomber le frêne*
Ah maman n’oublions pas Le nom du pauvre Rémi Fraisse*
Ah maman n’oublions pas Le nom d’un jeune sacrifié
* en occitan le nom Fraisse veut dire frêne