Grenade

Chanson de Clara Luciani

Hé toi
Qu’est-ce que tu regardes?
T’as jamais vu une femme qui se bat
Suis-moi
Dans la ville blafarde
Et je te montrerai (bis)
Comme je mords, comme j’aboie

REFRAIN: Prends garde, sous mon sein la grenade
Sous mon sein là regarde
Sous mon sein la grenade
Prends garde, sous mon sein la grenade
Sous mon sein là regarde
Sous mon sein la grenade


Hé toi

Mais qu’est-ce que tu crois?
Je ne suis qu’un animal
Déguisé en madone
Hé toi
Je pourrais te faire mal
Je pourrais te blesser, oui (bis)
Dans la nuit qui frissonne

REFRAIN

Hé toi
Qu’est-ce que tu t’imagines?
Je suis aussi vorace
Aussi vivante que toi
Sais-tu
Que là sous ma poitrine
Une rage sommeille (bis)
Que tu ne soupçonnes pas?

REFRAIN
Prends garde!!!


Marche des Lesbiennes

le Bourdon (en La, changer la tonalité si besoin)

Refrain :
Les femmes qui s’aiment,
Sortent de la nuit et de l’oubli,
Et par centaines,
Elles marchent aujourd’hui.

Voici les lesbiennes, Nées à Mytilène,
Elèves de Sappho, Dans les jardins de Lesbos.
Voici les sorcières, Femmes fortes et fières,
Brûlées sur les bûchers, Pour avoir voulu aimer.

Refrain

Voici les tribades, Leurs désirs s’évadent
Des normes imposées Par la loi et la société.
Travesties, garçonnes, Belles amazones,
Femmes émancipées Affirmant leur liberté.

Refrain

Les homosexuelles, Les gouines rebelles,
Inventant leur combat Contre le patriarcat.
Elles sont féministes, Contre les sexistes,
Elles luttent avec leurs sœurs.
Elles construiront leur bonheur !

Refrain en canon 2X

Chant des Corsaires

Voix lead sur le premier couplet.
La basse entre sur le 2ème.
Et la haute sur le 3ème.
Les deux premiers vers sont toujours à l’unisson.
Sur la ligne qui suit le bis, unisson (ou les basses et les hautes ne chantent pas)

Chant traditionnel qui viendrait des Flandres au 17ème siècle, que l’on trouve dans des carnets de chants scouts. Le groupe de Volvestre des Eclaireurses de France l’a modifié et féminisé en 2016. Enfin des femmes dans les chants marins !…
(fichier son des Sim(o)nes, pris sur le site de Midi Pyrate. Merci à elles!)

Sont des femm’ de grand courage,
Cell’ qui partiront avec nous (x2)

Elles ne craindront point les coups,
Ni les naufrages, Ni l’abordage,
Du péril seront jalous’
Cell’ qui partiront avec nous. (bis)

Ce seront de hardies pilotes,
Les meufs que nous embarquerons (bis)

Fines gabières dans la baston
Je t’escamote, Toute une flotte
Bras solide et coup d’œil prompt
Les meufs que nous embarquerons. (bis)

Elles seront de fières camarades,
Celles qui navigueront à bord, (bis)

Faisant feu bâbord, tribord,
Dans la tornade, Des canonnades
Vainqueuses rentreront au port
Celles qui navigueront à bord (bis)

Et des sœurs de tous rivages (Hiii!)
Viendront bourlinguer avec nous (bis)

Des bateaux venant d’partout
Feront voyage, Dans nos sillages
Vent arrière ou vent debout
Viendront bourlinguer avec nous (bis)

Et c’est nous vaillantes et fières
Qui donn’rons l’ordre du départ (bis)

Vite en mer et sans retard.
Faisons la guerre, A notre manière
Car ce n’est pas le hasard
Qui nous command’ra le départ (bis)

las panaderas

En Castille, il existait dans les milieux ruraux des chants illustrant les différents métiers manuels pour montrer le caratère répétitif des tâches, et dont les mouvements, en raison de leur monotonie et de leur mécanique, en forment la base rythmique. Il s’agit ici d’un chant de boulangères.

Ya llegan las panaderas por las calles de San Juan,
Engañando a los chiquillos cuatro duros vale el pan.

Por las calles del Congosto leré cuatrocientos pocos van,
Unos llevaban la harina leré y otros llevaban el pan.

Ví que la ví subir que la ví bajar cortando una rosa,
Morenita es tu cara y graciosa.

Cuando paso por tu puerta leré, cojo pan y voy comiendo,
Pa que no diga tu madre leré, que comerte me mantengo.

Dime panaderita como va el trato,
La harina va subiendo y el pan barato.

Anda diciendo tu madre que de mi te libra ella,
Que te libre del soldado y que no vayas a la guerra,

Ay amor mio del alma
como no vienes a cumplir la palabra
Que nada tienes (3x)
Ay amor mio del alma como no vienes.

Anda diciendo tu madre que tu la reina mereces,
Y yo como no soy reina no quiero que me desprecies

Ay amor mio del alma
como no vienes a cumplir la palabra
Que nada tienes (3x)
Ay amor mio del alma como no vienes.

Masculin, Féminin*

Paroles et musique : Claude Michel

C’t un entraineur, disait mon père,
Dont l’équipe est toujours première.
C’t un entraineur, disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.

C’t une entraineuse, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’t une entraineuse, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.

C’est un coureur, disait mon père,
Qui laisse les autres loin derrière.
C’est un coureur disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.

C’est une coureuse, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’est une coureuse, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.

C’est un beau gars, disait mon père,
Qui fait la fierté de sa mère.
C’est un beau gars, disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.

C’est une belle garce, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’est une belle garce, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.

C’t un courtisan, disait mon père,
Proche du roi et des affaires.
C’t un courtisan, disait mon père,
Il peut etre fier, il a du bien.

C’est une courtisane, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’est une courtisane, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.

Comme il a très bon caractère,
C’t un homme facile, disait mon père.
C’t un homme facile, disait mon père,
Il peut etre fier, c’est quelqu’un de bien.

C’t une femme facile, disait ma mère,
C’est une catin, une moins que rien.
C’t une femme facile, disait ma mère,
Y a rien à faire, c’est une putain.

Il faut dire que l’vocabulaire
Que l’on emploie au masculin,
N’a pas le meme sens de toute manière,
Quand on on le met féminin.

 

Lagrev Baré Mwen

Paroles et musique de Léona Gabriel, 1931.
Cette chanson raconte la grande grève des ouvriers des plantations de cannes de 1900 à la Martinique telle qu’elle a été vécue par Léona Gabriel qui avait alors 8 ans. Les ouvriers luttaient contre la dégradation de leurs conditions de travail. Depuis le début de la crise de la canne à sucre de la fin du XIXe, les salaires avaient été divisés par 2 alors que la quantité de travail avait doublé, voire triplé. Ce mouvement, durement réprimé (10 travailleurs tués et 12 blessés lors d’une fusillade de la gendarmerie) n’améliora pas significativement les conditions de travail mais amena des évolutions sur le plan syndical. NB: Monsieur Michel est Michel Hayot, directeur de l’usine sucrière de Rivière-Salée. Les « békés » sont les descendants des colons

transmise par le Cri du Cœur à Briançon (RN 2019)

Couplet 1 (x2): Manman lagrev (x3) Pay pa deu Fran [x2]
Manman lagrev baré mwe (x3)
Musieu Michel pa lé bay deu Fran

REFRAIN (x2) : Oué oué oué oué (3x)
Musieu Michel pa lé bay deu Fran

Couplet 2 (x2): Mwen sòti Lanmanten
Pou mwen désann anvil
Avan man té pran gran pon
Mi lagrev-la baré chumen mwen

REFRAIN x2 + percus

Couplet 3 (x2): Yo brulé kann béké
yo ensandiyé bitasion yo
Magré tou sa yo fè ya                           [3x]
Musieu Michel pa lé bay deu Fran

REFRAIN x2

TRADUCTION : « La grève m’a barré (le chemin) » : Maman, la grève m’a barré le chemin / Monsieur Michel1 ne veut pas payer 2 francs / J’ai quitté Le Lamentin / Pour descendre en ville / Avant je prenais le grand pont / Mais la grève m’a barré le chemin / Ils ont brûlé la canne à sucre des békés2 / Et incendié leurs maisons / Malgré tout ce qu’ ils ont fait / Monsieur Michel ne veut pas payer 2 francs

La Java des Bons Enfants

Paroles: Guy Debord, 1974
Musique: Marc Lemonnier

Le 8 novembre 1892, l’anarchiste Émile Henry, pose une bombe dans l’usine de la Compagnie des Mines de Carmaux. Le concierge trouve la bombe et la rapporte au commissariat de la rue des Bons-Enfants, où elle explosera, y tuant 5  personnes. Une sixième décédera d’une crise cardiaque. Guy Debord attribue sa chanson à Raymond Callemin dit «Raymond la Science», un des membres de la bande à Bonnot qui a été guillotiné en 1913.

Dans la rue des Bons Enfants,
On vend tout au plus offrant
Y’avait un commissariat
Et maintenant il n’est plus là.

Une explosion fantastique
N’en a pas laissé une brique,
On crut qu’c’était Fantomas
Mais c’était la lutte des classes.

Un poulet zélé vint vite
Y porter une marmite
Qu’était à renversement
Et la r’tourne imprudemment.

Le brigadier, l’commissaire,
Mêlés aux poulets vulgaires
Partent en fragments épars
Qu’on retrouve sur un buvard.

Contrairement à c’qu’on croyait,
Y’en avait qui en avaient.
L’étonnement est profond,
On peut les voir jusqu’au plafond.

Voilà bien ce qu’il fallait
Pour faire la guerre aux palais
Sache que ta meilleure amie,
Prolétaire, c’est la chimie.

Les socialos n’ont rien fait
Pour abréger les forfaits
D’l’infamie capitaliste
Mais heureusement vient l’anarchiste.

Il n’a pas de préjugés,
Les curés seront mangés.
Plus d’patrie, plus d’colonie,
Et tout le pouvoir il le nie.

Encore quelques beaux efforts,
Et disons qu’on se fait fort
De régler radicalement
L’problème social en suspens.

Dans la rue des Bons Enfants,
On vend tout au plus offrant
Y’avait un commissariat
Et maintenant il n’est plus là.

Dans la rue des Bons enfants,
Viande à vendre au plus offrant
L’avenir radieux prend place
Et le vieux monde est à la casse !

Hymne de la Transhumance

Manu Théron, Mars 2013

version par Ked’ la Gueule

A toi Centaure, à ta moitié humaine
A vous chimères, et monstres incomplets
A vous, hybrides, à vous énergumènes,
Que l’on traite d’impurs ou d’imparfaits
Nous rallions nos cœurs, nos âmes pleines,
Tous dans un même élan pour entonner
Cette chanson où l’on s’est retrouvé
A ce refrain toujours nous ramène :

Refrain : Hommes (humains) et bêtes, venez dessiner
La carte de notre voyage immense,
A l’impossible on est destiné
Sur tous les chemins de transhumance

La terre sous nos pieds comme semelle
Sur nos têtes les cieux comme chapeau
Partout ensemble nos âmes se mêlent
Aux étoiles pour faire un grand troupeau
Et transportés par tous les vents rebelles
Unis par nos souffles et nos sabots
Nous vous laissons bannières et drapeaux
C’est l’aventure qui nous appelle !

Refrain

Que vaut un homme (humain) s’il est seul au monde
Si la terre n’a que lui à porter ?
Que peut une étoile, si, à la ronde
D’autres soleils ne la font pas briller ?
Dans les cieux sur la terre ou bien sur l’onde
Ne soyons plus qu’une grande marée !
Les éléments n’auront qu’à se plier
Au tumulte de nos pas qui gronde !

Refrain

Nous qui avons marché tant de semaines
Nous sommes parmi vous et regardez
Nous n’avons plus de craintes ni de peines,
En cheminant nous les avons semées !
Et traversant les montagnes et les plaines
Forçant tant de frontières bien gardées
Ensemble on pourra toujours avancer c
Car nous c’est en marchant que l’on aime !

Refrain

Adiu dralhòus e terras de planura
Adiu la mar e teis avers d’argent,
Avem pres lo camin de l’aventura,
Partem d’un meme vam, bèstias e gens !
Cantant cadun dins la sieu parladura
En póussa per lo ceu s’auborarem,
En póussa per l’estelam rajarem
Tant coma lo cant de la Natura !

Refrain

Amici miei andiam per le contrade
Tutti cantando e sempre a far l’amor
Portiamo il gregge e pace per le strade
Col sole in faccia e la speranza in cuòr
Con pane, vino e solida prestanza
Tenendo in cuor i cani andati al cielo
Scacciam della malinconia il velo
Che oggi si cammina con baldanza

Refrain x2 +  « Sur tous les chemins de transhumance… »

TRADUCTION : (occitan) : Salut chemins et terres de plaines ! / Salut la mer et tes troupeaux d’argent ! / On a pris la route de l’aventure / On part dans un même élan, bêtes et gens, / Et chantant chacun dans son parler / En poussière nous monterons vers le ciel / En poussière nous jaillirons des étoiles / Comme le chant de la Nature !
(italien) : Mes amis allons par les chemins / Toujours chantant et tous à faire l’amour / On amène la paix et le troupeau en route / Le soleil sur le visage et l’espoir au cœur / Avec du vin du pain et une solide prestance / Ayant toujours dans le cœur les chiens partis au ciel / Chassant le voile de la mélancolie Car aujourd’hui nous marchons avec assurance


accords

couplet 1ere partie   2e partie   refrain: 
lam- lam   lam- lam   do- rém
solm-lam   solm-lam   lam lam
mim-lam   mim-lam   do-rém
rém-Mi7   mi7 – lam/rém   mi7- lam/rém
 
infos et partition ici: https://www.theatreducentaure.com/content/download/581/3029/file/Chantez%20l’Hymne%20TransHumance_20130320_site_internet[1].pdf

L’Erba d’Agram/ La Talvera

Paroles de Joan Bodon
Musique de Lo Barrut (polyphonies occitanes), 2017

Les “a” finaux se prononcent [o] (un peu ouvert)
Les “ò” se prononcent [ɔ]
Les “o” se prononcent [ʊ] (“ou”)
Le “s” en fin de mot ne se prononce pas
“eu” se prononce [ew]
Structure du chant :
1 – 1 – 1 – [2 (x2 ?)] – (2+1 ensemble) – (2+1 ensemble)
4 temps– 3 – 4 – 5 – 5 – 6
(2+1 ensemble) – (2+1 ensemble) – [8 (x4)] – (7+8 ensemble) – (6+8 ensemble)

1- L’èrba d’agram, ieu l’ai culhida
Sus la cròsa del paure mòrt.
Marrida grana, l’ai brandida
Als quatre caires del meu òrt.

2- Que venga patz, que venga guèrra,
Semeni, ieu, l’èrba d’agram..

3- Es sus la talvèra qu’es la libertat,
La mòrt que t’espèra garda la vertat.
Cal sègre l’orièira, lo cròs del valat,
Grana la misèria quand florís lo blat.

4- Estelas sens luna ne veirem la fin:
Ne perdrem pas una, cerclo camin.
Lo cèl tot s’engruna del ser al matin,
La bèstia feruna pudis lo canin…

5- Es sus la talvèra qu’es la libertat.
D’orièira en orièira pòrta la vertat.
La vida t’espèra de cròs en valat:
Bolís la misèria quand grana lo blat. (x2)

6- Al vòstre sègle de l’aram,
Semeni, ieu, l’èrba d’agram..
Que venga patz, que venga guèrra…
+ L’èrba d’agram, ieu l’ai culhida…

L’Er, L’erbo d’agr(x4)

7- E lo grand vent de la misèria
L’escampilha sus la mia tèrra.

8- Al vòstre sègle de l’aram,
Semeni, ieu, l’èrba d’agram..

Traduction : Le chiendent, moi je l’ai cueilli / Sur la fosse du pauvre mort. / Mauvaise graine je l’ai brandie / Aux quatre horizons de mon champ. - Et le grand vent de la misère / L’éparpillera sur ma terre. / Et dans votre siècle de fer - Vienne la paix, vienne la guerre, / Moi, je sèmerai le chiendent... - C’est sur la lisière qu’est la liberté, / La mort qui t’attend garde la vérité. / Il faut suivre la bordure, le creux du fossé / Graine la misère quand fleurit le blé. / C’est sur la lisière qu’est la liberté. - Étoiles sans lune, on en verra la fin. / On n’en perdra pas une, on cherche le chemin. / Le ciel tombe se morcelle, du soir au matin, / La bête sauvage pue le chien… - C’est sur la lisière qu’est la liberté, / D’orée en orée va la vérité. / La vie t’attend, de combe en vallée : / La misère bout quand graine le blé. / C’est sur la lisière qu’est la liberté.

Grand’Route (Sur la )

Poème de Gaston Couté
Musique de Jean Foulon, ( « Le P’tit Crème »), 1997
Originaire du Loiret, Gaston Couté (1880-1911) est un poète libertaire et chansonnier, connu pour ses textes antimilitaristes, sociaux et anarchistes utilisant parfois le patois beauceron ou l’argot. Interprété aussi en 2002 par Gérard Pierron et Marc Robine.

3 voix en entier (Chantemerle-les-Blés 2020) :

3 voix sur 3 premiers couplets (Chantemerle-les-Blés 2020) :
(on entend mieux la voix basse, puis la voix haute que sur la précédente version)

3 voix sur 3ème couplet (Chantemerle-les-Blés 2020) :
(3 voix bien équilibrées)

Voix basse (Chantemerle-les-Blés 2020) :

Voix lead + basse (Chantemerle-les-Blés 2020) :

Voix haute (Chantemerle-les-Blés 2020) :

Nous sommes les crève-de-faim
Les va-nu-pieds du grand chemin
Ceux qu’on nomme les sans-patrie
Et qui vont traînant leur boulet
D’infortunes toute la vie,
Ceux dont on médit sans pitié
Et que sans connaître l’on redoute
(3 tps) Sur la grand’route.

(3 tps)

Nous sommes nés on ne sait où
Dans le fossé, un peu partout,
Nous n’avons ni père, ni mère,
Notre seul frère est le chagrin
Notre maîtresse est la misère
Qui, jalouse jusqu’à la fin
Nous suit, nous guette et nous écoute

(3 tps)

Nous ne connaissons point les pleurs
Nos âmes sont vides, nos cœurs
Sont secs comme les feuilles mortes.
Nous allons mendier notre pain
C’est dur d’aller geler aux portes.
Mais hélas ! lorsque l’on a faim
Il faut manger, coûte que coûte,
(3 tps) Sur la grand’route.

(3 tps)

L’hiver, d’aucuns de nous iront
Dormir dans le fossé profond
Sous la pluie de neige qui tombe.
Ce fossé-là leur servira
D’auberge, de lit et de tombe
Car au jour on les trouvera
Tout bleus de froid et morts sans doute
(3 tps) Sur la grand’route.

(3 tps)

Nous sommes les crève-de-faim … redoute
(6 tps) Sur la grand’route.