Sois Fainéant*

Sois Fainéant (Conseil à un Nourrisson)

Coluche

A toi l’enfant qui vient de naître
Je dois dire pour être honnête
Que c’est pas en travaillant
Qu’on trouve le bonheur sur Terre
J’en veux l’exemple que mon père
Qui vit l’jour de son enterr’ment
Qu’il était l’plus riche du cim’tière

Refrain 
Soit fainéant sois fainéant
Tu vivras content
Sois fainéant, sois fainéant
Tu vivras longtemps
 

Plutôt que d’apprendre à l’école
Baise et collectionne les véroles
La méd’cine fait quelques progrès
Tandis qu’à gagner du bagage
Tu n’aboutirais qu’au chômage
Où déjà sont entassés
Ceux qu’ont cru en la société

Refrain 

Moins tu en fais, plus tu l’espères
Plus ta santé déjà précaire
Te libère de ses tourments
Gagner ta vie ne vaut pas l’coup
Attendu que tu l’as déjà
Le boulot y en a pas beaucoup
Faut le laisser à ceux qu’aiment ça

Refrain 

Si jamais tu voles un copain
Tu en auras moins de chagrin
Que si tu n’as pas à manger
Et si t’as la main sur le cœur
N’hésite pas à la couper
Tu entendras moins les moqueurs
Si c’est toi qui les a roulés

Refrain 

Si jamais tu voles un couillon
Qui t’envoie tout droit en prison
Dis-toi qu’il est plus mal logé
Car pour payer ta pitance
Tandis que tu f’ras pénitence
Lui qu’est si fier de t’enfermer

Refrain 

Voilà c’était mon héritage
Comme tu vois j’ai fait mes bagages
Je te laisse avec ta môman
Tu perds rien, j’ai pas l’gros lot
Et tant pis pour toi si je triche
Tu s’ras p’t’être un enfant d’salaud
Mais… tu s’ras pas un fils de riche

Rue de Paname

Rue de Paname

les Ogres de Barback

Dans une rue de Paname

Errant au bord de l’eau

J’fumais mon Amsterdam

Pour finir au bistrot

Y’avait là deux-trois femmes

Qui faisaient le tapin

Moi, j’aiguisais ma lame

Pour planter les rupins

Les gens de bon quartier,

Les touristes, les vieillards,

Aiment bien s’promener

Le long des grands boul’vards

Ils achètent des souv’nirs

Des tours Eiffel en plastique

Les saltimbanques les font rire

Mais faudrait qu’on leur explique

Qu’il y a d’la merde partout,

De la drogue, et surtout

Des jeunes en galère

Qui trafiquent la misère

Ouais ! j’dois bien avouer

Que j’y passe toutes mes journées

C’est que parfois à Paris,

C’est la joie et la folie …

Mais croyez-moi, bientôt

Les flics auront du boulot

Car tous les vagabonds

Parlent de révolution

Un jour, toutes nos chansons,

Ouais, vous désarmeront

Il n’y aura plus qu’la folie,

La joie et l’anarchie,

La joie et l’anarchie,

La joie dans Paris.

 

 Et à Chambéry aussi !

La Chanson de Craonne

La chanson de Craonne, 1917

Pour celles et ceux qui veulent en apprendre plus sur la chanson de Craonne, c’est important d’écouter les deux émissions de « La-Bas si j’y Suis » de Daniel Mermet : 1ere émission2ème émission – 3ème emission – 4eme emission

Chanson anonyme écrite sur une  musique de Charles Sablon en 1911. Le texte fut recueilli par Paul Vaillant-Couturier (1892-1937), avocat puis journaliste et député, qui, entré dans la guerre avec enthousiasme, en sortit socialiste, revendicateur et pacifiste. Sous-officier dans l’infanterie; il finit la guerre capitaine dans les chars d’assaut – non sans avoir été blessé, gazé et cité à l’ordre de la Nation mais aussi condamné cinq fois pour son action en faveur de la paix.

Vivement condamnée, les autorités militaires offrirent une petite fortune à celui qui en dénoncerait l’auteur. Elle fut connue sous plusieurs noms dont : « Les sacrifiés », « Sur le plateau de Lorette » et « La chanson de Lorette ».

http://dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net

 

Quand au bout d’huit jours, le r’pos terminé,
On va r’prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personn’ ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s’en va là haut en baissant la tête.

Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés !

Refrain :

8 jours de tranchées, 8 jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre,
sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs
vont chercher leurs tombes.

Refrain :

C’est malheureux d’voir
sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués,
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens,
car nous n’avons rien,
Nous autr’s, les pauvr’s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là

Refrain

Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
D’ monter sur l’plateau,
Car si vous voulez faire la guerre,
Payez-la de votre peau !

Si vous voulez la guerre, Payez-la de votre peau !

Ya Basta

Ya basta!

Compagnie JOLIE MOME , 2006

Chanson créée pour le spectacle BASTA YA. A l’époque, Laurence PARISOT, présidente du MEDEF, déclare: « La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail échapperait à cette loi? « 

On te prend, on t’essore, on te jette, on te vire (X2)

Tu travailles pour des miettes, en plus il faut sourire (X2)

REFRAIN: Et ils veulent que cela soit pire ?

Que l’on reste là sans rien dire ?

Ya basta ! Ya basta! Ya basta, basta ya!

Ya basta! Ya basta! Ya basta!

 

La sécu, la retraite, bientôt des souvenirs (X2)

Les loyers, c’est la fête, mais pas pour ta tirelire (X2)

Refrain

Les télés, les matraques disent de bien se tenir (X2)

C’est la peur qui remplace les rêves d’avenir (X2)

Refrain

On te fiche, on te filme, on surveille tes soupirs (X2)

Orwell° dans sa tombe n’a pas fini de rire (X2)

Refrain

Sans papiers, sans logement, juste bon à offrir (X2)

Tes deux bras, ta sueur pour nos villes à construire (X2)

Refrain

Mord ton voisin si tu veux réussir! (X2)

C’est la rage du gagnant: il faut vaincre ou mourir! (X2)

Et ils veulent que cela soit pire ?

Que l’on reste là sans rien dire ?

Ya basta ! Ya basta! Ya basta , basta ya! (X2)

Ya basta! Ya basta!

Ya basta! YA BASTA!

Les Canuts

Aristide Bruant, 1894

Version L’Echo Raleur Juin 2017 avec Myriam Krivine

Morizots 2018:

 

Le chant des canuts est associé à l’épisode insurrectionnel lyonnais de 1834 alors qu’elle est bien plus tardive. Installés sur les pentes de la Croix Rousse, les canuts sont les travailleurs de la soie de Lyon, qui transforment à domicile les fils de soie produits en Ardèche pour le compte de grandes familles de soyeux lyonnais. En 1831, puis en 1834, les canuts entrent en rébellion contre les soyeux afin d’exiger un une juste rémunération pour leur travail. Par deux fois, les canuts se retrouvent maîtres de la ville après la fuite des élites. En 1834, la rébellion se heurte à une sévère répression orchestrée par la Monarchie de Juillet. L’intervention de l’armée, canons à l’appui aura tôt fait de venir à bout des barricades de la Croix Rousse. 600 morts jonchent les rues de la ville et le long cortège des prisonniers prend le chemin de la déportation et des bagnes d’outre-mer (on vient juste de conquérir l’Algérie…) La révolte des canuts s’inscrit donc dans le cycle des journées révolutionnaires qui débute en 1789 et s’achèvera en 1871 avec « la commune de Paris »  

http://www.ac-grenoble.fr/lycee/vincent.indy

Pour chanter Veni Creator  il faut avoir chasuble d’or
Pour chanter Veni Creator  il faut avoir chasuble d’or
Nous en tissons pour vous, gens de l’église
Et nous pauvres canuts n’avons pas de chemise

Refrain : C’est nous les canuts Nous allons tout nus !

Pour gouverner, il faut avoir manteaux et  rubans en sautoir
Pour gouverner, il faut avoir manteaux ou rubans en sautoir
Nous en tissons pour vous, grands de la terre
Et nous, pauvres canuts sans drap on nous enterre

Refrain : C’est nous les canuts, nous allons tout nus!

 Mais notre règne arrivera quand votre règne finira :
Mais notre règne arrivera quand votre règne finira :
Nous tisserons le linceul du vieux monde,
Car on entend déjà la révolte qui gronde

CRefrain : ‘est nous les canuts, nous allons tout nus!
C’est nous les canuts, nous n’irons plus nus

A La Huelga

Chicho Sánchez Ferlosio, avril 1962

enregistrement au Bruit qui Court le 16 Décembre 2015 avec la chorale Rouge Chant d’Annecy

« En grève »! Cette chanson espagnole appelle à la grève générale. Elle a été écrite lors du soulèvement dans les Asturies en 1962, dans un contexte d’opposition au régime franquiste. Elle faisait partie d’un disque sorti clandestinement.

une voix tenor à inclure en plus ?
(Glières 2018, camarade de la Ravachole:

A la huelga compañero
No vayas a trabajar
Deja quieta la herramienta
Qué es la hora de luchar

A la huelga diez
A la huelga cien
A la huelga madre
Yo voy tambien
A la huelga cien
A la huelga mil
Yo por ellos madre
Y ellos por mi

Contra el gobierno del hambre
Nos vamos a levantar
Todos los trabajadores
Codo a codo por el pan

A la huelga diez

Desde el pozo y el arado
Desde el torno y el telar
Iran los hombres del pueblo
A la huelga general

A la huelga diez

Todos los pueblos del mundo
La mano nos van a dar
Para devolver a Espana
Su perdida libertad

A la huelga diez
A la huelga cien
A la huelga madre
Yo voy tambien
A la huelga cien
A la huelga mil
Yo por ELLAS madre
Y ELLAS por mi

TRADUCTION !

(faite maison sur un coin de table… ne pas m’en vouloir si cela ne rime pas!)

pars à la grève, compagnon;
Ne va pas travailler.
Lâche la machine
Il est temps de se battre.

A la grève allons à dix,
A la grève allons à cent,
A la grève, ma mère, c’est là que je vais.
A la grève allons à dix,
A la grève allons à cent,
Moi pour eux, ma mère, et eux pour moi.

Contre le gouvernement qui affame
Nous allons nous soulever
Tous les travailleurs,
Au coude à coude pour du pain.

Quittez votre puits, votre charrue
Quittez votre tour, votre métier à tisser,
Que les hommes du peuple,
Aillent à la grève générale!

Tous les peuples du monde
Nous tendront la main
Pour rendre à notre Espagne
Sa liberté perdue.

Fin du dernier refrain: … Moi pour ELLES, ma mère, et ELLES pour moi.

 

Allez Les Gars

Chanson du GAM (Groupe d’Action Musicale) belge. A l’origine, c’est une chanson contre l’installation d’une centrale nucléaire dans les années 80, qui s’adresse aux forces du (dés)ordre qui « protègent » le projet. Cette chanson peut s’adapter à bien des contextes…

Oh, je n’oublierai pas devant nous, les casqués (mi)
Les fusils lance-grenades et les grands boucliers
Tout ça pour nous forcer
Quand nous n’avions pour nous
Que nos poings, le bon droit,
Et puis quelques cailloux.

D’abord on s’avançait
En frappant dans les mains
Y en avait parmi eux
De vraies têtes de gamins
Les regards s’affrontaient,
Face à face, de tout près
Eux devaient la boucler,
Nous pas, et on chantait:

Allez les gars, combien on vous paye
Combien on vous paye pour faire ça
Allez les gars combien on vous paye
Combien on vous paye pour faire ça

Combien ça vaut, quel est le prix
De te faire détester ainsi
Par tous ces gens qu’tu connais pas
Qui sans ça n’auraient rien contre toi
Tu sais nous on n’est pas méchants
On ne grenade pas les enfants
On nous attaque, on se défend
Désolé si c’est toi qui prends

Allez les gars combien on vous paye…

Pense à ceux pour qui tu travailles
Qu’on n’voit jamais dans la bataille
Pendant qu’ tu encaisses des cailloux
Les actionnaires ramassent les sous
Avoue franchement, c’est quand même pas
La vie qu’t’avais rêvé pour toi,
Cogner des gens pour faire tes heures
T’aurais mieux fait d’rester chômeur.

Allez les gars combien on vous paye…

Je ne me fais guère d’illusions
Sur la portée de cette chanson
Je sais qu’tu vas pas hésiter
Dans deux minutes à m’castagner
Je sais qu’tu vas pas hésiter
T’es bien dressé, baratiné,
Mais au moins j’aurai essayé
Avant les bosses de te causer.

Allez les gars combien on vous paye…
Allez les gars combien on vous paye…

Bella Ciao

Bella Ciao est un chant de révolte italien qui célèbre l’engagement et le combat mené par les partisans contre les troupes de la République sociale italienne pendant la seconde Guerre mondiale. Les paroles ont été écrites fin 1944 sur l’air d’une chanson populaire que chantaient au début du XXe siècle les « mondine », saisonnières des rizières de la plaine du Pô, pour dénoncer leurs conditions de travail. Elle est chantée depuis 1963 comme un hymne à la résistance.

L’Echo Râleur (Mai 2016)

Una mattina, mi son svegliato,
O be-lla ciao, be-lla ciao, be-lla ciao,
Ciao, Ciao !
Una mattina, mi son svegliato,
E ho trovato l’invasor.

Oh partigiano, portami via,
O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao !
Oh partigiano, portami via,
Che mi sento de morir.

E se io muoio, da partigiano,
O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao !
E si io muoio, da partigiano
Tu mi devi seppellir.

Mi seppellirai lassù in montagna
O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao !
Mi seppellirai lassù in montagna
Sotto l’ombra di un bel fior.

E tutti quelli, che passeranno
O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao !
E tutti quelli, che passeranno
Mi diranno « Che bel fior ».

E questo è il fiore del partigiano
O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao !
E questo è il fiore del partigiano
Morto per la libertà !

E questo è il fiore del partigiano
Morto per la libertà !

 

TRADUCTION!

Bella Ciao (Ma Belle, Au Revoir!)

Un matin, je me suis réveillé
Et l’envahisseur était là.
Ô ! partisan emporte-moi
Je me sens prêt à mourir.
Et si je meurs, en partisan,
Tu devras m’enterrer.
Tu m’enterreras
Là-haut sur la montagne
A l’ombre d’une belle fleur.
Et les gens qui passeront
Me diront ‘Oh quelle belle fleur’.
Cette fleur est la fleur du partisan
Mort pour la liberté.

Charonne

Le 8 février 1962, métro Charonne à Paris : la police tue des manifestants contre la guerre d’Algérie et l’OAS. 9 manifestants pacifistes trouvent la mort suite à la brutalité policière, pour avoir manifesté leur solidarité avec le peuple algérien.

Charonne c’est un métro, c’est quoi?
Une bouche ouverte à la rue
Qui nous fait chanter quelquefois
Des souvenirs qui nous remuent.

Y’a des sentiments qui résonnent
Page noire de l’histoire de France
Y’a des petites idées qui dansent
Ca y est, nous voilà à Charonne !

Charonne c’est un métro, c’est quoi?
On s’y arrête quelquefois
Rue des Boulets, Charonne, Voltaire
En 62 c’était la guerre,

Charonne c’est un métro, c’est quoi?
Quand j’entends parler de Charonne
J’entends des cris j’entends des voix
Le fascisme ne passera pas !

Charonne c’est un métro, c’est quoi?
Un jour de manif à Paris
Un jeudi noir, il faisait froid
Les journaux titraient Algérie.

Charonne c’est un métro, c’est quoi?
La nuit tombée ils étaient là
La manif était interdite
Pendant la guerre pas d’politique.

Charonne c’est un métro, c’est quoi?
Pour des militants ouvriers
Que ce soit ici ou là-bas
Contre la guerre faut résister!

Charonne c’est un métro, c’est quoi?
On était loin de la bavure
La police avait tous les droits
Carte blanche de la préfecture.

La police a cogné, jeté
Dans la bouche ouverte à la ville
Massacré, piétiné, frappé
Ecrasé sous le poids des grilles.

Charonne c’est un métro qui saigne
Les cris, les voix hurlent encore
Les larmes des lacrymogènes
Trois filles et six garçons sont morts.

Charonne c’est un métro, c’est qui?
Quand j’entends parler de Sharon
C’est la Palestine qui résonne
Et l’Algérie …  celle d’aujourd’hui.

Frontières

Paroles et musique : JOFROI

C’est une ritournelle, un refrain
Qu’on nous sert comme une prière
Sincère et presque bon chrétien
En tirant vers soi la soupière
«On ne peut pas comprenez bien
Accueillir toute la misère…»
Mais où vont les êtres humains
Que l’on reconduit aux frontières?

On nous dit: «c’est complet, c’est plein
On ne sait déjà pas que faire
Des sans-papiers, des clandestins
Des réfugiés de toutes les guerres.
C’est facile de tendre la main,
Où s’arrêt’ ra la surenchère?»
Mais où vont les êtres humains
Que l’on reconduit aux frontières?

«Pas d’ quoi, dit-on, en faire un foin
d’ hurler à la chasse aux sorcières.
Qui n’a pas son lot de pépins
De tracas et de vents contraires

Chacun chez soi, c’est plus serein,
Faut se méfier des chiens qui errent…»
Mais où vont les êtres humains
Que l’on reconduit aux frontières?

Paraît d’ailleurs qu’ les bohémiens
C’est dans leurs gènes, le goût de l’air,
Qu’ leur liberté ça ne vaut rien
Que le prix d’un vol en charter,
Il y a des lois, c’est bien le moins
Même sur une terre hospitalière…
Mais où vont les êtres humains
Que l’on reconduit aux frontières?

Bien sûr tout le monde convient
Qu’il y a de pires gangsters
Que ces ramassis, ces vauriens
Voleurs de poules, de pommes de terre.
Pour les plumer, eux, pas moyen
Ils n’ont pas de comptes bancaires…
Est-ce pour ça qu’ c’est plus humain
De les reconduire aux frontières…

C’est une ritournelle, un refrain
Qu’on nous sert comme une prière….